Helicobacter pylori

Helicobacter pylori et prise de poids, y a-t-il un lien ?

10 August 2020
7 min

Sommaire

Helicobacter pylori est une bactérie courante qui est à l’origine de bon nombre de troubles digestifs. Certaines études semblent suggérer un lien entre ce microorganisme et les variations de poids. H. pylori favoriserait l’amaigrissement, tandis que son élimination aurait tendance à faire grossir. Mais qu’en est-il réellement ? Y a-t-il plus de bénéfices ou de risques à laisser ce microbe se propager ? Traitement de l’infection à Helicobacter pylori et prise de poids, on vous dit tout !

Ce qu’il faut retenir :

  • Helicobacter pylori est associé à une moindre prévalence de l’obésité. Son éradication peut entraîner une prise de poids liée à la reprise de l’appétit.
  • Cette bactérie potentiellement dangereuse cause des gastrites, des ulcères et peut favoriser le cancer gastrique si elle est non traitée.
  • Son éradication combine antibiotiques et anti-acide. Ces traitements peuvent être complétés par des probiotiques pour limiter les effets secondaires.
  • Le complément L. Reuteri à base de Lactobacillus reuteri aide à réduire H. pylori tout en améliorant le confort digestif.

Helicobacter pylori et prise de poids : quand une bactérie limite l’obésité

Ce n’est pas nouveau, certaines bactéries ont une influence sur notre poids. Parfois, elles modifient le métabolisme, tandis que dans d’autres cas, elles modulent l’appétit. D’autres fois encore, elles favorisent l’absorption et l’élimination de certains nutriments. Helicobacter pylori, une bactérie en forme d’hélice qui s’épanouit dans l’estomac, semble faire partie de celles-ci. Sa transmission a généralement lieu entre individus de la même famille, par contact direct ou par la consommation d’aliments contaminés.

La recherche s’est intéressée au rôle que pourrait jouer H. pylori dans la régulation de l’appétit et les variations du poids corporel. Les statistiques montrent ainsi une corrélation entre la prévalence de H. pylori dans une population et le nombre de cas d’obésité que l’on y recense. Ainsi, là où la bactérie est relevée en grande quantité, les gens ont tendance à être plus minces. À l’inverse, là où l’infection est systématiquement soignée, il y aurait plus de gens obèses. Mais ces données à elles seules ne sont pas suffisantes pour tirer des conclusions.

Plusieurs études menées dans différents pays montrent une plus grande prise de poids chez les personnes ayant été traitées par trithérapie ou quadrithérapie pour éradiquer Helicobacter pylori que chez les patients ayant reçu un placebo. Cependant, il ne faut pas en déduire hâtivement que laisser proliférer cette bactérie dans l’estomac constitue une solution pour maigrir ! Au contraire, H. pylori est une bactérie dangereuse pour la santé.

Traitement d’Helicobacter pylori et prise de poids : pourquoi grossit-on ?

La bactérie H. pylori apprécie tout particulièrement le pH faible de l’estomac. Se développant à la faveur des sécrétions d’acide, elle colonise les parois gastriques en s’y implantant grâce à ses flagelles et entraîne une inflammation. C’est ce que l’on appelle une gastrite. Celle-ci est à l’origine de brûlures d’estomac incommodantes et d’une dyspepsie (sensation de pesanteur au cours de la digestion). La personne qui souffre de ces troubles a tout naturellement tendance à réduire ses rations alimentaires, car elle n’a pas faim et a parfois peur de provoquer des douleurs.

Lorsque l’on traite l’infection par H. pylori, les symptômes disparaissent au bout de quelques jours et la perte d’appétit avec. Le patient, débarrassé de la bactérie, reprend alors ses anciennes habitudes alimentaires et augmente généralement son apport calorique à cette occasion. Il n’est donc pas étonnant que l’éradication d’Helicobacter pylori soit à l’origine d’une prise de poids ! 

Pour autant, il n’est pas envisageable de laisser libre cours à la prolifération de la bactérie, sous peine de graves conséquences pour l’organisme.

Attention, être porteur de H. Pylori peut nuire gravement à la santé en l’absence de traitement

Helicobacter pylori n’est pas seulement responsable d’une inflammation de la muqueuse gastrique et d’une perte d’appétit. Cette bactérie est la cause de la formation d’ulcères gastro-duodénaux, des plaies résultant de l’érosion localisée des parois internes de l’estomac ou du duodénum. 

L’ulcère gastrique comme duodénal peut s’aggraver jusqu’à la perforation de l’organe touché, ce qui engendre une péritonite à prendre en charge d’urgence. Plus rare, mais extrêmement grave, le cancer gastrique est causé dans 80 % des cas par une infection à Helicobacter pylori non traitée. Cela ne concerne heureusement que 1 % des cas d’infections au total.

Si vous souffrez de symptômes de gastrite (maux d’estomac fréquents, remontées acides, rots, ballonnements, nausées, vomissements) ou qu’il y a des antécédents d’ulcères ou de cancer digestif dans votre famille, consultez votre médecin traitant, de manière à confirmer ou à éliminer le risque de contamination par H. pylori.

Comment savoir si l’on souffre d’une infection à Helicobacter pylori ?

Face à des symptômes d’inconfort digestif particulièrement évocateurs d’une gastrite chronique, votre médecin peut être amené à prescrire des examens complémentaires pour identifier la présence ou non de H. pylori. Certains signes plus préoccupants, comme la présence de sang dans les vomissements ou des selles très foncées, peuvent révéler une complication digestive et nécessitent une consultation rapide.

Il existe, ici, deux options. La première consiste à réaliser un test respiratoire à l’urée marquée. Il s’agit d’un examen non invasif qui consiste à absorber de l’urée contenant un marqueur spécifique. Si H. pylori se trouve au niveau de la muqueuse gastrique, il dégrade cette urée et libère le marqueur, qui passe alors dans le sang puis est éliminé dans l’air expiré. Ce test est toutefois plus souvent réalisé pour confirmer l’éradication de la bactérie que pour diagnostiquer sa présence.

En effet, du fait du risque de complications plus ou moins graves de l’infection à H. pylori, l’examen complémentaire privilégié lors de son diagnostic est la gastroscopie. Réalisé par un gastro-entérologue, ce type d’endoscopie consiste à amener une caméra jusque dans l’estomac pour examiner visuellement la paroi gastrique. 

Elle permet ainsi de vérifier l’importance de la gastrite ainsi que la présence ou non d’un ulcère ou de lésions pouvant être liées à un cancer. À cette occasion, une biopsie (prélèvement de cellules gastriques) est réalisée afin d’identifier clairement la présence d’Helicobacter pylori.

Lorsque l’infection est formellement diagnostiquée, il est impératif de procéder à l’élimination de la bactérie, de façon à éviter tout risque de complications. Dans certains cas, le médecin ou le gastro-entérologue procède au traitement par antibiotiques directement sans passer par un test respiratoire ou une gastroscopie. Dans cette situation, la disparition ou non des symptômes sert alors de moyen diagnostic pour confirmer l’infection.

Comment éradiquer Helicobacter pylori ?

Une fois le diagnostic de l’infection confirmée par endoscopie ou test respiratoire à l’urée, la prise en charge est déterminée par le médecin. En France, le traitement se fait par la prise de plusieurs antibiotiques combinés à un inhibiteur de la pompe à protons, c’est-à-dire un médicament anti-acide. Celui-ci est efficace dans la grande majorité des cas.

Il est également intéressant d’adapter l’hygiène de vie durant la phase de traitement, de façon à réduire la production d’acide par l’estomac. Ainsi, évitez les aliments lourds à digérer ou irritants pour la paroi gastrique (café, épices, aliments acides, etc.). Veillez également à éviter le stress, qui a un impact sur la sécrétion d’acide.

Si Helicobacter pylori est une bactérie pathogène, d’autres micro-organismes sont en revanche source de multiples effets bénéfiques. C’est le cas des probiotiques, de « bonnes bactéries » colonisant le système digestif. Parmi elles, Lactobacillus reuteri s’avère être un allié précieux pour réduire la présence de H. pylori dans l’estomac des patients qui en sont porteurs. C’est pourquoi nous avons choisi d’en faire un ingrédient phare de notre formule L. Reuteri spécialement élaborée pour vous aider à retrouver un bon confort digestif.

Si vous cherchez une solution naturelle à une éventuelle prise de poids, vous pouvez également vous tourner vers l’un de nos autres compléments alimentaires à base de probiotiques : L. Gasseri, une formule renfermant quatre souches probiotiques aux actions ciblées sur la perte de poids.

Ce qu'il faut retenir

Certaines études suggèrent une association entre la présence d’Helicobacter pylori et un poids corporel plus faible. Cependant, il ne faut pas lui attribuer un effet amaigrissant en lui-même. En effet, les patients infectés ont avant tout tendance à manger moins en raison des douleurs gastriques, de l’inconfort digestif et de la perte d’appétit provoqués par la bactérie.

L’éradication de H. pylori peut faire disparaître les douleurs digestives et ainsi restaurer l’appétit perdu. Le patient recommence alors à manger davantage, ce qui augmente son apport calorique et peut expliquer la prise de poids observée après le traitement. Ce n’est donc pas le traitement en lui-même qui peut faire grossir, mais la disparition des symptômes qui rétablit l’appétit normal.

Sans traitement, H. pylori peut provoquer une gastrite chronique et favoriser la formation d’un ulcère gastro-duodénal, pouvant évoluer vers une perforation en l’absence de prise en charge. L’infection constitue également un facteur de risque majeur de cancer gastrique.

Le traitement repose généralement sur l’association de plusieurs antibiotiques et d’un inhibiteur de la pompe à protons (IPP). Une alimentation limitant les aliments irritants peut accompagner le traitement, tandis que certains probiotiques, notamment Lactobacillus reuteri, peuvent contribuer à réduire la présence de H. pylori et à améliorer le confort digestif.